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Traduction libre d’un article publié sur dailycamera.com

Mikaila Altenbern

Lorsque Jeff Pedelty a rassemblé près de 25 volontaires pour l’aider à déménager, il ne sollicitait pas des gens pour faire des boîtes et charger un camion. La main-d’oeuvre se présentait plutôt avec des vélos et chargeait les objets dans des sacoches porte-bagages et sur différentes formes de remorques à vélo.

Dimanche dernier, Pedelty, 52 ans, aidé d’amis, de membres de sa famille et d’étrangers, s’est relocalisé dans une nouvelle demeure par le seul pouvoir de la bicyclette. Tout au long du chemin, le groupe recevait l’encouragement des automobilistes qu’il croisait par des klaxons et des applaudissements.

De l’ancien logement de Pedelty, au lac Tantra, jusqu’au nouveau complexe Le Peloton, il n’y a guère plus de trois miles de route. Le « défilé cycliste », ainsi que la volontaire Lisa Seaman a décrit le groupe, a duré près d’une heure alors que les participants descendaient Moorhead, à l’intersection du chemin du ruisseau Boulder et de la 30e rue. Le groupe a rejoint les résidences Peloton vers 11h00 et s’est rafraîchi avec bonheur grâce à des boissons désaltérantes et des grignotines offertes par Pedelty.

Le groupe a tout tiré à l’aide de remorques à vélo, d’un grand sofa à un matelas grandeur queen. Derrière l’un de ces chariots, on pouvait lire: « Un U-Haul de moins ».

En fait de logistique, le déménagement était à la fois plus complexe et plus simple que s’il avait été effectué en camion, dit Pedelty. L’organisation d’un si grand groupe ajoutait au stress du déménagement – il devait coordonner l’action de 25 personnes, non seulement la sienne propre – et puisque tous ceux qui avaient une remorque apportaient la leur, il demeurait quelques incertitudes quant à savoir ce qui irait où. Jeff estime qu’il avait planifié environ les deux tiers de l’empaquetage et du chargement avant le jour du déménagement. D’un autre côté, les items les plus petits, comme un grille-pain, qui demandent normalement à être rangés dans des boîtes, peuvent facilement être glissés dans les sacoches.

Pedelty a quitté les environs de Washington D.C. pour Boulder en 2008. Au printemps 2009, il s’était entièrement départi de sa voiture. Il avait circulé en automobile dans la région métropolitaine de Washington pendant près de vingt et il souligne les défis bien réels que constitue l’affranchissement par rapport à l’automobile. Il insiste sur le fait qu’il a dû attendre que grandissent ses enfants pour pouvoir laisser tomber la voiture.

Pedelty confie qu’il n’aurait jamais pensé à quelque chose comme un déménagement résidentiel à vélo avant de voir un film au festival du court métrage sur le vélo 2009, tenu annuellement au jour du vélo-boulot.

« Nous n’inventons rien ici », dit Pedelty à propos du déménagement à vélo, « d’autres l’ont déjà fait. »

Pour Pedelty, l’événement tenait davantage d’un exercice communautaire que d’une façon de mettre de l’avant l’idée que tous devraient tenter le coup et organiser un déménagement à vélo. Plusieurs volontaires provenaient de différentes secteurs de la communauté cycliste de Boulder. Certains participants se déplacent tous les jours à vélo alors que d’autres dépendent davantage de leur voiture. L’événement rappelait à Pedelty ces bonnes vieilles corvées collectives. Bien qu’il ne souhaite pas redéménager de sitôt, il dit que si quiconque désirait déménager à vélo, il y participerait de sa remorque.

« Il s’agit de voir ce que vous voulez faire de vos dimanches matins », dit Pedelty.

Pedelty dit qu’il encouragerait quiconque à penser sérieusement à organiser un déménagement à vélo, mais que la faisabilité reste fonction de circonstances personnelles, comme la quantité d’objets que l’on doive déplacer, les contraintes temporelles, la distance à parcourir ainsi que le temps de l’année. Loin d’être un radical, Pedelty prône davantage l’équilibre. « Ce que vous faites un jour est négligeable par rapport à ce que vous faites tous les jours », répond-il à la question de savoir si l’on doit ou non déménager à vélo.

Pedelty croit que s’il avait loué une remorque U-Haul ou un camion du service de véhicules communautaires, le déménagement n’aurait guère requis plus d’un gallon à un gallon et demi de carburant. Or, le fait de vivre sans automobile depuis 2009 a fait du déménagement de ses biens une question du type « pourquoi pas? ».

Menant une vie sans voiture, Pedelty trouvait honteux d’avoir à faire la location d’un camion ou d’utiliser une camionnette parmi les véhicules communautaires. Il avait déjà participé à deux déménagements à vélo différents, dont un qui était le sien. Il savait donc ce qui pouvait être fait.

La route de l’ancienne résidence de Pedelty jusqu’à Peloton suivait une pente descendante et prit aux cyclistes tout juste une heure à parcourir. À l’arrivée, en sueurs et fatigués, les volontaires semblaient aussi satisfaits qu’inspirés. Rob Ketterhagen, qui roule tous les jours à vélo, a décrit le périple comme étant « absolument génial. Parfait! »