Avez-vous déjà entendu parler du rôle qu’aurait joué General Motors dans le démantèlement des réseaux de tramways des villes américaines? Selon Richard Bergeron, le premier à en parler fut E. Jay Quinby, dans une étude qu’il rédigea à compte d’auteur en 1946:
« Ceci est un appel pressant que j’adresse à chacun de vous. Un plan machiavélique a été mis en oeuvre pour vous priver du service public à vos yeux le plus important et le plus précieux, votre réseau de tramway électrique. [...] Vous allez réaliser trop tard combien un tramway électrique est infiniment plus confortable, fiable, sécuritaire et économe qu’un service d’autobus. Mais que pourrez-vous faire quand vous aurez permis que tous les rails aient été arrachés? Qui pourra reconstruire ce qui aura été détruit? »
Selon Bergeron, « À court terme, la fonction de l’autobus était de justifier l’élimination du tramway. À plus long terme, elle serait de discréditer le transport collectif et d’alimenter l’industrie automobile en nouveaux clients. »
Dans la même logique, « GM conduisit des opérations similaires dans le domaine du transport interurbain, en rachetant des sociétés ferroviaires pour les démanteler et les remplacer par des autobus opérés par la société Greyhound, créée précisément à cette fin par le géant de l’automobile. »
Source : Richard Bergeron, Les Québécois au volant, c’est mortel, Les Éditions des Intouchables, 2005.
Photo : Tramway de Grenoble, Julien Myette, 2007.